Jean-Louis Gagnon

Soviet spy, Jean-Louis Gagnon, presents his own short biography to a journalist in 1956

English translation by Kathleen Moore.

French original below.
Original français ci-dessous.
 

Jean-Louis Gagnon

Jean-Louis Gagnon
In his offices at CKAC, Jean-Louis Gagnon received me… liberally. Here is a man — this is a case to say it — who is very liberal for his time. He is, however, very busy. In between four phone calls and three interruptions for visitors in a hurry, he manages nonetheless to hand me a few biographical notes:

Born in Quebec in 1914, Jean-Louis Gagnon pursued his classical studies with the Jesuit Fathers. Following his Bachelor of Arts, we have always seen him in active journalism. These last 15 years, this journalist has acquired a decent career reputation, especially as a radio journalist. In well-born souls, value does not wait for the years to pass, thus we find Jean-Louis Gagnon Editor-in-Chief of a Quebec newspaper, L’Evénement-Journal, at the age of 26. We are in 1940. In 1942, he is named news commentator at Radio-Canada in Ottawa; where he is also parliamentary correspondent for the ‘Sun’ at the same time. In 1944, he becomes manager of information for the newspaper ‘Le Canada’ and Montreal correspondent for ‘Time Magazine’.

In May of the same year, he is named Canadian correspondent for France-Presse news agency. It is he who will “cover” the historic Quebec Conference (where Churchill was to meet Roosevelt) and, later, the San Francisco Conference of 1944. In April, 1945, he becomess Editor-in-chief, in Washington, of the same agency. In 1946, we find him managing advertising for ‘Brazilian Traction‘ with offices in Rio de Janeiro. In 1949, Jean-Louis Gagnon travels across France then, upon his return to the country, he becomes commentator at station CKAC, where he currently still is. Meanwhile, Jean-Louis Gagnon has married and now resides in the west of the city (Montreal), on Sherbrooke Street.

Jean-Louis Gagnon is one of those journalists who knew how to find the time to write, outside of his professional activities. He published Vents du large (Winds of the open sea) in 1943, and famous new La fin des haricots (The end of beans), in the first issue of Ecrits du Canada français (Writings of French Canada) in 1955. This is not all. He has in his files a draft novel: La hauteur des étoiles (The height of the stars) and a major essay: L’Intellectuel et l’Argent (Money and the intellectual).

His favourite authors? Bernanos, Sartre, Evelyn Waugh and Faulkner. Here, in Canada, it prefers the poets to the novelists. He likes Ann Hébert and Alain Grandbois a great deal. From the cultural point of view, Jean-Louis Gagnon finds that there is progress. ‘The intellectual is affirming himself more than in the past’, he says to me. ‘He is more free than he was 20 years ago, but unfortunately he is not more integrated into society in French Canada. The English-speaking intellectual is more integrated into all social echelons: political and economic echelons, for instance. The English-speaking academics make policy. Amongst many others, they gave us Pearson. Find me an example of the kind with us? The academics and the intellectuals must, in my view, cease their political absenteeism. Politics had need of them to establish the ministry of Fine arts and the cultural policy we need, and also to push governments to make education accessible to all.’

The hobbies of Jean-Louis Gagnon? His collection of pain­tings.

And politics, Mr. Gagnon? My interlocutor immediately protests vehemently: ‘Sir, politics for me is neither a pastime, nor a sport. For me, it has the same value as literature…’

And that’s saying a lot.
 
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L’espion soviétique, Jean-Louis Gagnon, présente sa propre biographie courte à un journaliste en 1956

A ses bureaux de CKAC, Jean-Louis Gagnon m’a reçu… libéralement. Voilà bien un homme, c’est le cas de le dire, en effet bien libéral… de son temps. Il est pourtant très occupé. En­tre quatre coups de téléphone et trois interruptions de visiteurs

pressés, il parvient tout de même à me passer ces quelques notes biographiques :

Né à Québec en 1914, Jean-Louis Gagnon a fait ses études classiques chez les Pères Jésui­tes. Depuis qu’il est bachelier es-arts, on l’a toujours vu dans le journalisme actif. Ces 15 dernières années, ce journaliste s’est acquis une belle renommée dans la carrière, surtout comme journaliste radiophonique. Aux âmes bien nées, la valeur n’at­tend pas le nombre des années et c’est ainsi que l’on trouve Jean-Louis Gagnon rédacteur en chef du journal québécois “L’Evénement-Journal” à l’âge de 26 ans. Nous sommes en 1940. En 1942, il est nommé commen­tateur de nouvelles à Radio-Ca­nada, à Ottawa, où il est en même temps le correspondant parlementaire du “Soleil”. En 1944, il passe directeur de l’in­formation au journal “Le Cana­da” et correspondant montréa­lais du “Time Magazine”. En mai de la même année, il est nommé correspondant canadien de l’agence France-Presse. C’est lui qui “couvrira” l’historique Conférence de Québec (où de­vaient se rencontrer Churchill et Roosevelt et, plus tard, la Con­férence de San-Francisco, en 1944. En avril 1945, il devient rédacteur en chef, à Washington, de la même agence. En 1946, on le retrouve gérant de la publicité de la “Brazilian Traction” avec bureaux à Rio de Janeiro. En 1949, Jean-Louis Gagnon voyage à travers la France puis, à son retour au pays, devient commen­tateur au poste CKAC où il est encore présentement. Entre temps, Jean-Louis Gagnon s’est marié et il demeure maintenant dans l’ouest de la ville, rue Sherbrooke.

Jean-Louis Gagnon est un de ces journalistes qui ont su trouver le temps d’écrire en-dehors de leur activité proprement pro­fessionnelle. Il publiait Vents du large en 1943, et la fameuse nouvelle La fin des haricots, dans le premier numéro d'”Ecrits du Canada français” en 1955. Ce n’est pas tout. Il a dans ses car­tons un roman en ébauche : “La hauteur des étoiles” et un grand essai: “L’intellectuel et l’ar­gent”.

Ses auteurs favoris ? Bernanos, Sartre, Evelyn Waugh et Faulk­ner. Ici, au Canada, il préfère les poètes’ aux romanciers. Il aime beaucoup Anne Hébert et Alain Grandbois. Au point de vue culturel, Jean-Louis Gagnon trouve qu’il y a progrès. “L’in­tellectuel s’affirme plus qu’a­vant”, me dit-il. “Il est plus libre qu’il y a 20 ans, mais mal­heureusement il n’est pas plus in­tégré à la société du Canada français. L’intellectuel de lan­gue anglaise est, lui, plus intégré à tous les échelons sociaux : éche­lons politique et économique, par exemple. Les universitaires de langue anglaise font de la poli­tique. Ils nous ont donné, en­tre beaucoup d’autres, Pearson. Trouvez-moi un exemple du gen­re chez nous ? Les universitai­res et les intellectuels devraient à mon sens cesser leur absentéis­me politique. La politique a besoin d’eux pour établir le minis­tère des Beaux-Arts et la poli­tique culturelle qu’il nous faut, pour aussi pousser les gouverne­ments à rendre l’éducation acces­sible à tous.”

Le passe-temps de Jean-Louis Gagnon ? Sa collection de pein­ture.

Et la politique, M. Gagnon ? Mon interlocuteur proteste tout de suite d’une façon véhémente : “Monsieur, la politique pour moi n’est ni un passe-temps, ni un sport. Elle a pour moi la même valeur que la littérature …”

Ce qui n’est pas peu dire.

J.-P. ROBILLARD
 

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