CBC Radio 1972

Radio-Canada CBC

CBC Radio-Canada

Autour du

manifeste

du Parti

québécois

Roundtable

on the Parti

Québécois

manifesto

le 9 mai 1972

May 9th, 1972


Invités :

Guests:

Jean-Guy Frenette, Charles Perrault, Narciso Pizarro


Cités :

Quoted:

Robert Carlton Scrivener, Léon Dion


Source : http://archives.radio-canada.ca/emissions/578-6159/page/10/


Crédits d’émission:

Broadast Credits:

Titre de l’épisode : Autour du manifeste du Parti québécois Title of the episode: Roundtable on the Parti Québécois Manifesto
Média : Radio Medium: Radio
Émission : Présent édition nationale Show: “Présent édition nationale”
Date de diffusion : 9 mai 1972 Broadcast date: May 9th, 1972
Description : Analyse du manifeste du Parti québécois de 1972 par un économiste et un sociologue. Ce manifeste propose un modèle de socialisme inspiré par la Suède. Description: Analysis of the 1972 manifesto of the Parti Québécois by an economist and a sociologist. This manifesto proposes a model of socialism inspired by Sweden.

Invité(s):

Jean-Guy Frenette,
Charles Perrault,
Narcisso Pizarro

Guest(s):

Jean-Guy Frenette,
Charles Perrault,
Narcisso Pizarro

Ressource(s) : Gil Courtemanche, Jacques Tremblay Show host(s) : Gil Courtemanche, Jacques Tremblay
Durée : 13 minutes 30 secondes Length: 13 minutes 30 seconds
Dernière modification : 6 avril 2005 Last update: 6 April 2005

 

Nota bene: Text in blue indicates transcription issues. Text in green indicates garble which could not be transcribed sensibly and translated.
Points de
repère
Durée de la bande audio : 13 minutes et 30 secondes.


French Transcript
Transcription française:


English Translation
Traduction en anglais :

1.

 

 

 
.10

[MODÉRATEUR (doit être Gil Courtemanche:]


Hier matin, Jacques Tremblay, nous avons écouté Monsieur René Lévesque, Président du Parti québécois, nous parler du document qui est discuté à l’intérieur du parti autant qu’à l’extérieur depuis environ trois semaines.

Ce document dont le titre est “Quand nous serons vraiment chez nous” et non pas “Quand nous serons vraiment maîtres chez nous” comme j’ai dis en matin –

[MODERATOR (must be Gil Courtemanche: ]


Yesterday morning, Jacques Tremblay, we heard Mr. René Lévesque, President of the Parti Québécois, speak to us about a document which has been under discussion inside the party as well as outside, for the past three weeks.

This document, the title of which is “When we will truly be at home” and not “When we will really be masters in our own house” as I said this morning –

2.

 

.17

[UN AUTRE MODÉRATEUR (doit être Jacques Tremblay):]


Rappelant disons que ce document constitut un ensemble de propositions qui – euh – est présenté aux partisans péquistes et à l’ensemble de la population du Québec. Ça propose un arrangement particulier de trois éléments constitutive de notre vie économique – de celle qui serait notre vie économique dans un Québec indépendant – un arrangement de l’entreprise communautaire, de l’entreprise privée, et de l’état, celui-ci détenant une place prépondérante ou chapeautant un ensemble de ces structures économiques.

[ANOTHER MODERATOR (must be Jacques Tremblay):]


We recall that this document constitutes a set of propositions which – uh – is presented to the PQ partisans and to the whole of the population of Quebec. It proposes a particular arrangement of three elements of our economic life – of what would be our economic life in an independent Quebec – an arrangement of community business, private business, and state [business], the latter occupying a dominant position or capping an aggregate of these economic structures.

3.

.44
 

.59

Les instruments dont on a parlé un peu hier – euh – mentionnons qu’on a peut-être oublié la Société de réorganisation industrielle qui est un des éléments que propose le document du PQ comme majeur dans l’organisation de l’Etat québécois.Il y avait bien entendu la Caisse de dépôt, ça – on en a parlé de la Banque du Québec. The instruments we talked about a little bit yesterday – uh – we should mention that we perhaps forgot the Société de réorganisation industrielle (Industrial reorganization corporation) which is one of the elements proposed by the PQ document as major in the organization of the Quebec government.There was of course the Caisse de dépot, that – we had talked about the Bank of Quebec.

4.

1.03

 

 

 

 

 

 

1.24

Et, ce qu’il est important de souligner surtout le rôle absolument primordial que l’Etat jouerait dans un Québec indépendant. Le rôle important aussi que jouerait le mouvement coopératif, et aussi probablement – du moins c’est ce que les gens qui ont écrit ce manifeste souhaitent – le rôle que jouerait les groupements de citoyens, les mouvements de citoyens, les mouvements de participation communautaires, etc.Et, finalement, il y a toute la question du rôle de l’entreprise privée qui, disons, serait un peu moins libre qu’elle le l’est actuellement. And what is above all important to underscore is the absolutely primary role that the Government will play in an independent Quebec. The important role also that would be played by the cooperative movement, and also probably – at least that’s what the people who wrote this manifesto would like – the role that would be played by groupings of citizens, the citizens’ movements, the community participation movements, etc.

And finally, there is the whole question of the role of the private business, which, let’s say, would be a bit less free than it currently is.

5.

 

1.32

[MODÉRATEUR (peut-être Gil Courtemanche):]


En fait, on voudrait bien que tout le monde joue un rôle particulier dans cette structure sociale, dans cette structure socio-économique proposée dans un Plan – disons proposée d’une perspective politique.

[MODERATOR (must be Gil Courtemanche):]


In fact, they would really like everyone to play a particular role in this social structure, in this socio-economic structure proposed in a Plan – let’s say proposed from a political perspective.

6.

 

1.43

[MODÉRATEUR (peut-être Jacques Tremblay):]


– Sous le bienveillant paraplui de l’Etat Québécois.

[MODERATOR (must be Jacques Tremblay):]


– Under the benevolent umbrella of the Quebec Government.

7.

 

1.46

[MODÉRATEUR (peut-être Gil Courtemanche):]


Bon. Alors, vous avez rencontré, Jacques Tremblay, des gens de différentes disciplines, je pense en particulier à un sociologue, Monsieur Pizarro, qui, lui, s’est attardé à un point en particulier, ou à deux points en particulier plutôt dans ce manifeste.

[MODERATOR (must be Gil Courtemanche):]


Good. Then, you’ve met – Jacques Tremblay – people from various disciplines, I think in particular a sociologist, Mr. Pizarro, who lingered over one point in particular, or rather two points in particular in this manifesto.

8.

 

2.00

[MODÉRATEUR (doit être Jacques Tremblay):]


En fait, je lui ai demandé, à quoi faisait référence disons en tant que système sociale l’ensemble des propositions que sous-tendent le document.

[MODERATOR (must be Jacques Tremblay):]


In fact, I asked him, in terms of a social system, let’s say, to what do the mass of the propositions which are the basis of the document refer?

9.

 

2.10

[UN INVITÉ (doit être Narcisso PIZARRO):]


Dans le texte du Parti québécois il y a deux points de référence implicites. Un (est) le socialisme à la Suédois, c’est-à-dire, euh, euh, bon – maintien en principe de l’entreprise privée, mais un contrôle de l’Etat, euh – sur l’entreprise pour la civiliser.

[A GUEST (must be Narcisso PIZARRO):]


In the Parti québécois’s text, there are two tacit points of reference. One is socialism Swedish-style, which is to say, uh, uh, okay – in principle retaining private business, but under Government control, uh – over the business in order to civilize it.

10.

 

2.26

 

 

2.33

[UN INVITÉ (doit être Narcisso PIZARRO):]


D’un autre côté, une inspiration dans le modèle Yugoslav* – c’est-à-dire participation, co-gestion, auto-gestion. Euh –

Donc, dans le côté bon, um — le rôle de l’État comme élément de contrôle mais en même temps un certain contrôle sur l’Etat.


* Note de la traductrice: Un ancien pays du sud-est de l’Europe bordant la Mer Adriatique ; formé en 1918 et appelée Yougoslavie en 1929 ; commandé par Marshal Tito en tant qu’État communiste jusqu’à sa mort en 1980. Le 7 avril 1963, l’Yougoslavie s’est proclamé une république socialiste. NB: Le manifeste ainsi que l’émission-radio le discutant datent tous les deux du 1972, à quel moment l’Yugoslavie est clairement communiste.

[A GUEST (must be Narcisso PIZARRO):]


From another aspect, inspiration in the Yugoslav model* – which is to say participation, co-management, self-management. Uh –

So, on the good side, the fact – um – the role of the Government as an element of control but at the same time a certain control over the Government.


*Translator’s note: A former country of southeastern Europe bordering the Adriatic Sea; formed in 1918 and named Yugoslavia in 1929; controlled by Marshal Tito as a communist state until his death in 1980. On April 7, 1963, Yugoslavia proclaimed itself a socialist republic. NB: The manifesto and the radio show are both in 1972, at which time, Yugoslavia is clearly communist.

11.2.44

Pour ce faire il faut se disposer d’un pouvoir réél. Or, (il est fort de toute) que l’accession au droit des gouvernaises, il n’y a pas de pouvoir (si les élections dans quel que soit les gouvernes) que (l’accession au droit du gouverner) (que) fournisse des moyens réels pour accomplir ces changements-là ; c’est-à-dire pour mettre au pas les grands trusts internationaux (pour c- t- aux cartels du petrol ?) – euh – pour euh – mettre l’ordre dans ces secteurs des finances qui est – bon – le système bancaire, compagnies des assurances, etc. –


Note de la traductrice: Narcisso PIZARRO parle trop vite; en plus il semble être un hispanique essayant de parler français.

To carry this off, one must have genuine power. Now, (il est fort de toute) que l’accession au droit des gouvernaises, there is no power (si les elections dans quel que soit les gouvernes) que (l’accession au droit du gouverner) (que) furnish real means to accomplish these changes. Which is to say to put a stop to the international combines (pour c- t- aux cartels du petrol ?) – uh – to uh – put into order (sort out) such sectors as finance which is – ok, the banking system, insurance companies, etc. –


Translator’s note: Narcisso PIZARRO speaks too fast; in addition, he seems to be an Hispanic, trying to speak French.

12.

 

3.20

[UN INVITÉ (doit être Narcisso PIZARRO):]


Pour pouvoir aller réussir un programme comme celui-là, il faut avoir une force réelle, et cette force réelle c’est un appui réel de la population. Or, – – – – l’appui réel de la population – euh – bon, le PQ ne l’a pas – c’est à se demander si effectivement il peut l’avoir. Ce serait peut-être souhaitable qu’il l’ait. Mais, euh – ce qu’il y a de remarquable au Québec, c’est les groupements de mouvements populaires qui débordent de beaucoup toutes les organisations qui essaient de les encadrer.*


*Note de la traductrice: “mouvements populaires qui débordent de beaucoup toutes les organisations qui essaient de les encadrer.” – La transcription de cette phrase est proposée par une Française. La phrase semble adaptée au contexte dans d’autres sections.

[A GUEST (must be Narcisso PIZARRO):]


To be able to carry off a program like that, there must be real strength, and this real strength is the support of the population. Now, (as to) the support of the population, uh, okay, the PQ doesn’t have it. The question is whether they can in fact have it. It might well be desirable that they have it. But, uh – what is remarkable in Quebec, is the groups of working-class movements which very much elude all the organizations that try to give them a framework.*


*Translator’s note: “mouvements populaires qui débordent de beaucoup toutes les organisations qui essaient de les encadrer.” – The transcript of this phrase was suggested by a native French-speaker in France. The suggested phrase seems adapted to the context in other sections.

13.3.47 Euh – aussi bien dans le mouvement syndical, qui, dans un esprit nettement politique, c’est un phénomène qu’on croit remarquable. Alors, euh – peut-etre le PQ compte implicitement avec une organisation populaire – uh, qui aurait des objectifs beaucoup plus radicaux que ceux des PQ – et que le PQ pourrait encadrer et même à l’occurrence freiner.*


*Note de la traductrice: “que le PQ pourrait encadrer et même à l’occurrence freiner” – La transcription de cette phrase est proposée par une Française.

Uh – as well, in the trade union movement, which, in a definitely political spirit, is a quite remarkable phenomenon. So, uh – maybe the PQ is implicitly counting on a popular set-up – uh, which would have goals far more radical than those of the PQ – and to which the PQ could give a framework, and even, at times, put the brakes on.*


*Translator’s note: “que le PQ pourrait encadrer et même à l’occurrence freiner” – The transcript of this phrase was proposed by a native French speaker.

14.4.10 [L’UN DES MODÉRATEURS:]


Le projet d’un nouveau Québec – qu’il soit indépendant ou non – a été discuté ardemment dans les centrales syndicales récemment, en tout cas en particulier dans la dernière année. Cela a produit deux documents en particulier, Jacques Tremblay, (“L’État, rouage de notre exploitation”) un document qui était présenté par la Fédération des travailleurs de Québec [FTQ], et, un autre document, celui de la CSN, qui s’intitule “Ne comptons que sur nos propres moyens

[A MODERATOR:]


The project of a new Quebec – uh – whether it’s independent or not – has been ardently debated in the trade unions lately, in any case especially in the past year. This produced two documents in particular, Jacques Tremblay, (“L’État, rouage de notre exploitation”) [‘The State: Our wheel to turn’?], a document that was presented by the FTQ (Federation of Quebec Workers), and another document, this one from the CSN entitled “Ne comptons que sur nos propres moyens” (‘Count only on ourselves’ [?]).

15.4.31

[UNE VOIX MASCULINE INTERROMPT:]


( Alors, juste un ? – jusqu’un ? – Oui. )

[A MALE VOICE INTERRUPTS:]


(So then, just a ? – just one – Yes.)

Nota Bene : En ce moment dans l’émission deux nouveaux documents sont discutés. Tous les deux ont été produits par des syndicats locaux en réponse au « manifeste » du PQ, Quand nous serons vraiment chez nous, discuté ci-dessus. La discussion reviendra au « manifeste » plus loin ci-dessous.

NB: At this point in the broadcast, two new documents are being discussed. Both were produced by local trade unions in reply to the PQ “manifesto”, Quand nous serons vraiment chez nous, first discussed above. The discussion will return to the “manifesto” further below.

16.
4.33 

 

 

 

 

 

 

 

4.55

[UNE VOIX MASCULINE:]


Je veux dire que dans chacun de ces documents il y a une conception de l’Etat qui est également présente – une conception du mode de production, une conception de la situation des travailleurs dans l’ensemble sociale qui est sous-jacent, disons, à ces propositions dans ces documents – et euh – j’ai cru qu’il était intéressant (peut-etre urgent / que des dirigeants [?]) et des économistes qui a participé à la rédaction d’un de ces documents –

En l’occurrence il s’agit de Jean-Guy Frenette, qui est de la FTQ, et qui a participé à la rédaction de “L’Etat : rouage de notre exploitation”.

[A MALE VOICE: ]


I want to say that in each of these documents there is a conception of the State which is also present – a conception of the mode of production, a conception of the place of workers in the social whole which underlies, let’s say, the propositions in these documents – and uh – I thought it was interesting (that managers[?]) and economists who took part in the drafting of these documents –

As it happens, one of them is Jean-Guy Frenette, who is with the FTQ*, and who took part in drafting “L’Etat : rouage de notre exploitation”.


*Translator’s note: FTQ = more or less, ‘Federation of Quebec Trade Unions’.

17.
5.03 

 

 

5.16

[JEAN-GUY FRENETTE:]


Pour nous, l’Etat ce n’est pas uniquement selon la conception libérale du PQ un Etat qui doit être régulateur, qui doit être responsable, qui doit être un surveillant de l’économie.

Pour nous, la concep – et ça c’est la conception moderne du libéralisme politique et économique qui sous-tend la définition de l’Etat.

[JEAN-GUY FRENETTE:]


For us, the State is not solely – according to the PQ’s liberal conception – a State which must be a regulator, which must be responsible, which must be an overseer of the economy.

For us, the concept – and that is the modern conception of political and economic liberalism which underlies the definition of Government.

18.5.26 

 
5.42

L’Etat c’est plus que ça pour nous – quand on dit que l’Etat c’est un (ROUAGE) de notre exploitation, c’est que l’Etat comme structure politique – effectivement il est comme appareil politique qu’il contrôle – effectivement (rejeté, rajouté, racheté [?])* à toutes les autres structures de la société.Et entre autres aux structures économiques et financières. –


*Note de la traductrice: “est intimement relié à toutes les autres structures de la société” – La transcription de cette phrase est proposée par une Française.

Government is more than that for us – when we say The Government, it’s a WHEEL we use, it’s that the Government as a political structure – effectively is like a political apparatus which it controls – is effectively geared* into all the other structures of society.And, amongst others, to the economic and financial structures.


*Translator’s note: A native French-speaker in France suggested a French transcript of this phrase, i.e.: “est intimement relié à toutes les autres structures de la société.” That’s a nice clean sentence, but I’m still not sure that’s what he said. Nonetheless, the suggested transcript could be translated: “is intimately linked to all the other structures of society.”

19.

5.46

[L’UN DES MODÉRATEURS:]


Et le PQ dans ce document laisse en même – laisse quand-même une bonne place aux syndicalisme puisque on y veut (euh, le –) généralisé et on y accorde une place importante dans précisément ce mécanisme de concertation – euh – Est-ce que ça vous satisfait?

[A MODERATOR:]


And the PQ in this document leaves even – leaves nevertheless plenty of room for trade unionism because one wants it to be, uh, generalized, and it’s given a major place in precisely this mechanism of co-decision* – uh – Are you happy with that?


*Translator’s note: I think there is no single word in English that could translate “concertation”, which seems to mean all working together at the same time, in common action. My impulse is to say “co-action”. However, I have seen it elsewhere formally translated as “co-decision”.

20.

6.00

[JEAN-GUY FRENETTE:]


Sur ce plan ? Euh – Je crois que le PQ considère toujours le syndicalisme comme devant être un syndicalisme d’affaires*. [ou “un syndicalisme d’autrefois“.?]


*Note de la traductrice: J’ai eu de la difficulté à comprendre en ce moment. Deux Francophones ont fait des suggestions très différentes; les deux sont tout à fait intéressantes: [1] “syndicalisme d’affaires” ou [2] “syndicalisme d’autrefois”.

[JEAN-GUY FRENETTE:]


In this plan? Uh – I think that the PQ still considers trade unionism as having to be trade unionism (of businesses)*.


*Translator’s note: I had trouble understanding at this point. Two Francophones made very different suggestions; both are quite interesting: [1] “syndicalisme d’affaires” (trade unionism of businesses) or [2] “syndicalisme d’autrefois”, which might be translated something like “old-style trade unionism”).

21.

6.11

Et c’est justement ce genre de syndicalisme-là que l’on veut mettre en cause. Le syndicalisme doit véhiculer son projet social ; doit véhiculer sa conception de l’organisation d’une société socialiste – une société auto-gérée, bon – il est aux travailleurs qui peu—qui sont entièrement responsible de leur production, et des moyens de production – euh – sur lesquels il travaillent.

And it’s precisely this type of trade unionism that we want to call into question. Trade unionism must carry the social project; must carry the conception of the organization of a socialist society – a self-managed society, ok – it is up to the workers who may – who are entirely responsible for their production, and the means of production – uh – upon which they work.

22.

6.35

[JEAN-GUY FRENETTE:]


Or, euh – il est, il est vrai que le PQ – euh – présente à l’heure actuelle la conception et nous donne évidemment la garantie que le syndicalisme pourra s’exercer de façon la plus entière et que tous les travailleurs pourront se syndiquer. C’est ça. Il n’y a aucun programme de gouvernement qui donne cette garantie aux travailleurs – et en ce sens il y a sur ce plan – il répond entièrement aux exig – aux revendications actuelles du mouvement syndicale sur la place du syndicalisme.

[JEAN-GUY FRENETTE:]


Now, uh – it is, it is true that the PQ – uh – at the present time sets out the design and obviously gives us the garantee that trade unionism will be able to be exercised in the most complete manner and that all workers will be able to unionize. That’s it. There is no government program which gives this guarantee to the workers – and in this sense there is in this plan – it responds completely to the require- – to the current requirements of the trade union movement on the place of trade unionism.

23.

7.14

D’autre part, c’est le rêve – de la concertation – qui apparait dans le mani-feste-là – (m’apparaît) beaucoup moins plausible. C’est un rêve, la concertation, euh – dans une économie LIBERALE – mo—et même moderne. Car la concerta-tion ne peut jamais évacuer les divergences d’intérêts fondamentaux qui existent – entre les travailleurs et entre les propriétaires des moyens de la production, que ce soit l’Etat ou que ce soit – euh – l’entreprise privée qui est de toute façon – sera toujours préponderant dans tous les secteurs à l’exception évidemment de la forêt, bon, et peut-être des communications.

On the other hand, the dream of co-decision as it appears in that manifesto seems to me much less plausible. It’s a dream – co-decision, uh – in a LIBERAL and even modern economy. Because co-decision can never eliminate the fundamental divergences of interest which exist – between the workers and between the owners of the means of production, whether it’s the state or it’s – uh – private business which is in any case – will always dominate in all sectors with the obvious exception of the forest, okay, and maybe communications.

24.

7.59

[MODÉRATEUR (Courtemanche):]


Jacques Tremblay, on peut d’ores et déjà parler de la réaction relativement claire de la part de certains leaders syndicaux, de la part de certains professeurs aussi – qui examinent, qui étudient la réalité canadienne et québécoise.

[MODERATOR (Courtemanche):]


Jacques Tremblay, we can already speak about the fairly clear reaction on the part of certain trade union leaders, on the part of certain professors as well – who are looking at, who are studying the Canadian and Quebec reality.

25.

8.13

 

 
8.24

[UNE VOIX MASCULINE:]


Il y a un autre professeur dont on n’a pas fait mention jusqu’à maintenant et que nous n’entendrons pas mais qui s’est déjà manifesté disons lors d’une première séance critique de ce document.

Il s’agissait d’une rencontre du PQ sur la Rive-sud et on y avait invité un sociologue de l’Université de Laval, Paul Dion.– Léon Dion, plutôt –

[A MALE VOICE:]


There is another professor we haven’t mentioned up to now and that we won’t be hearing from but who has already expressed himself let’s say during an initial session scrutinizing this document.

That was a meeting of the PQ on the South Shore and a sociologist had been invited from the University of Laval, Paul Dion.– Rather, Léon Dion –

26.

8.32

Et, uh, Monsieur Dion avait terminé son témoignage en synthésisant sa pensée disant que c’était un ensemble cohérent – qu’il était critiquable mais qu’il était indémolissable si vous voulez comme fondement d’un programme, et il, euh, soulignait précisément ce que nous constatons aujourd’hui, à savoir que ça déplairait sûrement à la gauche militante de c’est-à-dire de connotation Marxiste du PQ, et à la droite nationaliste, et on pense à une certaine classe de dirigeants d’entreprise et de cadres.

And, uh, Mr. Dion had concluded his testimony by synthesizing his thought, saying that it was a coherent whole – that it was subject to criticism but that it could not be knocked down, if you like, as the basis of a program, and he, uh, underscored precisely what we see today, which is that it certainly would displease the militant Left, which is to say of the Marxist connotation in the PQ, and the nationalist right, and one thinks of a certain class of business managers and of executives.

27.

9.02

[L’UN DES MODÉRATEURS:]


En tout cas c’est du côté des entreprises que les réactions les plus fortes et les plus négatives ont été exprimées.

[A MODERATOR:]


In any case, it’s on the business side that the strongest and most negative reactions have been expressed.

28.

9.07

[L’UN DES MODÉRATEURS:]


Je pense en particulier – euh – lors de la publication du document “QUAND NOUS SERONS VRAIMENT CHEZ NOUS” à la réaction de Monsieur Scrivener, le président de Bell Canada, qui a qualifié ce programme de “dangéreux”, d’irréaliste”, et qui a prévu une manière d’apocalypse dans l’entreprise. Si jamais ce programme-là, si jamais on tentait d’appliquer ce programme. Et effectivement il y a eu peu – jusqu’ici sinon aucun – chef d’entreprise qui a dit “Oui” ce programme-là nous intéresse. Nous pensons que l’entreprise aura un rôle à jouer. À l’intérieure.

[A MODERATOR:]


I’m thinking in particular uh – during publication of the document “QUAND NOUS SERONS VRAIMENT CHEZ NOUS” – of the reaction of Mr. Scrivener, the President of Bell Canada, who characterized this program as “dangerous”, “unrealistic”, and who envisioned a kind of Apocalypse of Business, if ever this program, if ever one attempted to apply this program. And in effect there have been few – if any up to now – business leaders who have said “Yes”, this program interests us. We think that business has a role to play. Within it.

29.

9.37

 

 

 

9.50

[L’UN DES MODÉRATEURS:]


Je me rappelle – je me rappelle d’une réaction d’un homme d’affaires dont je ne me rappelle pas le nom par exemple, mais qui a souligné le fait que le jour où le Québec deviendrait indépendent, probablement que lui deviendrait indépendantiste.

Mais, d’ici à ce que ce jour se produise, d’ici à ce que cet événement se produise, eh bien le chef d’entreprise a une réaction peut-être normale, une réaction comprehensible donnant sa position. C’est que – il voit son rôle d’entrepreneur, son rôle de moteur de la société mise en cause parce que le moteur de la société dans le programme que l’on propose le PQ c’est véritablement, et presque uniquement l’Etat.

[A MODERATOR:]


I’m thinking – I’m thinking of a reaction of a businessman whose name I can’t recall right now, but who had underscored the fact that the day when Quebec became independent, probably that he would become a separatist.

But, from now until that day, from now until that event occurs, well, the reaction of the business leader is perhaps normal, an understandable reaction, given his position. Because he sees his role of entrepreneur, his role as the motor of society called into question because the motor of society in this program that the PQ is proposing is truly, and almost solely, the Government.

30.

10.15

[UNE VOIX MASCULINE:]


En tout cas, chose certaine, l’entreprise aura un rôle radicalement changé, surtout la grande entreprise, en particulier la grande entreprise américaine, l’entreprise étrangère, et aussi les entreprises canadiennes et c’est pour ça que les réactions des gens – par exemple du Conseil du patronat – sont intéressantes à connaître.

[A MALE VOICE:]


In any case, unquestionably, business will have a radically changed role, above all big business, in particular big American business, foreign business, and also Canadian businesses, and for that reason the reactions of people – for example of the Quebec Employers Council – are interesting to know.

31.

10.29

[UNE AUTRE VOIX MASCULINE:]


Charles Perreault, qui en est le président, nous a fait quelques remarques, quelques commentaires à titre personnel, et c’est lui que nous écouterons en terminant.

[ANOTHER MALE VOICE:]


Charles Perreault, who is the president, gave us a few remarks, a few personal comments, and we will listen to him in closing.

32.

 

10.37

[CHARLES PERREAULT, président du Conseil du patronat:]


Je crois que l’entreprise privée est le meilleur moteur, n’est-ce-pas, le meilleur moteur de l’économie, la meilleure façon de créer des richesses. Et je ne reconnaît pas à l’Etat cette – ce, ce dynamisme, cette, cette possibilité d’innover, de créer de la richesse – euh – qu’on retrouve partout dans le document.

[CHARLES PERREAULT, President of the Quebec Employers Council:]


I think that private business is the best motor, is it not, the best motor of the economy, the best way to create wealth. And I don’t see in the Government this – this dynamism, this, this possibility of creating wealth – uh – that one finds throughout the document.

33.

11.01
 

 

 
11.30

À toutes fins pratiques, on va donner ici à l’Etat le rôle qu’il joue dans les pays socialistes de l’Est de l’Europe. On va centraliser la production, on va construire des plans – euh – coercitifs – et à toutes fins pratiques, comme je le disais, – euh – donner à l’Etat la gouverne totale. Et on doit s’attende à ce que le, le, l’économie progresse à peu près comme celle des Polonais ou des Czecks ou des Allemands de l’Est.

Ça ferait quelque chose dans ce genre-là.

For all practical purposes here, they are going to give to the Government the role it plays in socialist countries in Eastern Europe. They are going to centralize production, they are going to construct plans – uh – coercive plans – and for all practical purposes, as I said – uh – give to the Government total control. And one must expect that the, the, the economy will progress pretty much like that of the Poles or the Czechs or the East Germans.

It would be something of that nature.

34.

11.32

Le sort qui est réservé à l’entreprise privée ici – pour faire une boutade – c’est celui d’une entreprise qui appartiendrait aux Québécois et qui serait contrôlée par l’Etat. Qui embaucherait beaucoup de gens et ferait très peu d’argent.

The fate that is reserved for the private company, just to make a crack, is that of a business that would belong to Quebecers and which would be controlled by the Government. Which would hire lots of people and would make very little money.

35.

11.48

[L’UN DES MODÉRATEURS:]


( – – – – ) ont fait on fait allusion dans le document à la planification, au “Plan” que l’on voudra établir.Est-ce que le concept de “Plan” est assez bien expliqué dans le document et est-ce qu’il correspond à l’idée que vous faite une certain planification ? Parce que je pense bien que vous n’êtes pas contre la planification?

[A MODERATOR:]


( – – – – ) have alluded in the document to planning, to the “Plan” that one would like to establish.Is the concept of the “Plan” sufficiently well explained in the document and does it correspond to the idea that you do a certain amount of planning? Because, I think you are not opposed to planning?

36.

 

12.06

 

12.16

[CHARLES PERREAULT, président du Conseil du patronat:]


L’examen du document ici nous fait voir un plan qui n’est pas un plan – euh – indicatif. C’est un plan coercitif.

Je vous cite, on dit, à – en parlant des entreprises – “les astreindre à une orientation propre”.

[CHARLES PERREAULT, President of the Quebec Employers Council:]


Inspection of this document here shows a plan that is not uh – an indicative plan. It is a coercive plan.

I will quote for you, it says, – in speaking of businesses – “constrain them to a proper orientation.”

37.

12.23

 

12.31
12.34

Confronter leurs objectifs, leurs projets ou leurs demandes puis de les rendre compatibles et d’agencer leurs opérations en conséquence.”Ce n’est pas d’un plan indicatif qu’il s’agit ici.C’est clairement d’un plan coercitif – euh – qui ref – euh, qui représente la sorte de, de – de – euh – de système qu’on connaît dans les pays socialistes.

Confront their objectives, their projects or their demands, then render them compatible and adjust their operations in consequence.”

This is not an indicative plan that we have here.

This is clearly a coercive – uh – which ref – uh, which represents the kind of, of – of, uh – of system known in socialist countries.

38.

12.47

Mais, sûrement pas, sûrement pas en Suède, et sûrement pas non plus en France.

But surely not, surely not (the kind one finds in) Sweden, and surely not in France, either.

39.

12.51

[L’UN DES MODÉRATEURS:]


Même si l’on vous dit que ce plan sera établit de concert avec les trois éléments principaux – euh – constituant de l’économie – c’est-à-dire les patrons, ça c’est les entreprises, les syndiqués et le gouvernement.

[A MODERATOR:]


Even if you were told that this plan will be established in concert with the three main elements – uh – constituting the economy – that is to say, the bosses, that’s the businesses, the trade unions, and the Government.

40.

 

13.06

[CHARLES PERREAULT, président du Conseil du patronat:]


Bien, le document ne donne pas tellement confiance aux patrons quand à sa représentativité dans un tel milieu. On sait par exemple comment le syndicalisme est euh, est décrit dans le document. On sait l’importance qu’on y, qu’on y donne. Mais, euh, je craint que le troisième rôle, celui du patronat dans une telle concertation soit très faible. [Découpé par la musique, la bande est finie ici, comme découvert en ligne.]

[CHARLES PERREAULT, President of the Quebec Employers Council:]


Well, the document doesn’t give much confidence to bosses as to their typicalness in such a milieu. We know, for example, how trade unionism is described in the document. We know the importance that is, that is given to it. But, uh, I fear that the third role, that of the bosses in such co-decision is very slight. [Cut off by music, tape ends here, as found online.]

– 30 –

 

PERMISSION:
Nota bene: This French transcript and the exclusive English translation are by Kathleen Moore for the legal research purposes of Habeas Corpus Canada, The Official Legal Challenge to North American Union. Document date: 7 January 2015, based on the document of 28 May 2014. Permission is given to use this document, with credit to its origin. If you find this document useful or interesting, please support The Official Legal Challenge To North American Union: PayPal: habeas.corpus.canada@live.com

 

Download this document (Radio show transcription / translation) as a Word (.doc) file:
http://www30.zippyshare.com/v/bXwq4Am4/file.html

Download this document (Radio show transcription / translation) as a PDF file:
http://www15.zippyshare.com/v/8BzxTAD4/file.html

* * *

– 30 –

 

UPDATE: FREE DOWNLOAD now available for researchers:

Download a FREE 18-MB copy of QUAND NOUS SERONS VRAIMENT CHEZ NOUS

The 7zip folder contains: (1) the AUDIO TAPE of the French CBC radio show discussing the Manifesto; (2) The Table of Contents of the Manifesto (Translated); (3) an 18-MB PDF file of the manifesto (scanned at the law library of the French University of Montreal; (4) an OCR of the manifesto

QUAND – The PQ Manifesto – PDF file & OCR.zip

OR:

QUAND – The PQ Manifesto – PDF file & OCR.zip

 

 

 

 

One response to “CBC Radio 1972

  1. Pingback: Exclusive English Translation of the 1972 CBC Radio Roundtable on the 1972 Parti Québécois Manifesto |

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s