Trudeau, Communism, and the PCO (ca. 1950)

Trudeau, Communism, and the Privy Council
Office of Canada (circa 1950)

Source: Fils du Québec, père du Canada. Tome 2 — La formation d’un homme d’Etat: 1944-1965 by Max and Monique Nemni, Les Editions de l’Homme, 2011, ISBN 978-2-7619-3192-2, pages 211-215.

Au Conseil privé, Trudeau ne travaille pas seulement sur les dossiers de la Constitution et de la charte. Loin de là. Dans un mémorandum qu’il adresse à Robertson, le 28 octobre 1950, intitulé : « Liste des dossiers laissés en souffrance pendant mes vacances », il dresse une liste de trois pages.35 Parmi les nombreuses recherches effectuées dans le cadre de ses fonctions, arrêtons-nous un moment sur le rapport qu’il remet à Robertson, le 2 janvier 1951, au sujet d’un problème devenu très préoccupant depuis le début de la guerre froide, en 1947 : la menace communiste, source d’angoisse dans les pays occidentaux, y compris, bien entendu, au Canada.

In the Privy Council, Trudeau doesn’t work only on Constitutional files and the charter. Far from it. In a memorandum which he addresses to Robertson, on October 28th, 1950, entitled: “List of files left pending during my holidays”, he draws up a three-page list.35 Among the many enquiries conducted in the framework of his functions, let us stop a moment at the report he submits to Robertson on January 2nd, 1951 concerning a problem that has become quite alarming since the start of the cold war in 1947: the communist threat, a source of anguish in Western countries, including, of course, in Canada.

Il est peut-être utile de rappeler en quelques mots la fameuse « affaire Gouzenko ». En septembre 1945, Igor Gouzenko, un employé de l’ambassade soviétique à Ottawa, se rend chez le ministre de la Justice, Louis Saint-Laurent, avec des dossiers documentant les activités d’espionnage de l’Union soviétique. Il demande l’asile politique. Lorsque, à la suite d’une fuite, l’affaire est dévoilée dans les journaux, en février 1946, elle fait scandale. Une commission royale d’enquête mise sur pied pour étudier la question aboutit à l’arrestation de 39 personnes, dont 18 sont jugées coupables. Le plus célèbre est Fred Rose, député de la circonscription montréalaise de Cartier, seul député communiste jamais élu à la Chambre des communes. Cette affaire contribuera grandement à l’angoisse engendrée par la « menace communiste ». Il serait toutefois plus exacte de parler de névrose en ce qui concerne nos voisins du Sud, où ce qu’on appellera le maccarthyisme bat son plein depuis 1950. On comprend que, dans ces conditions, le gouvernement canadien ait demandé une étude approfondie sur cette question et sur les mesures à prendre au sein de la fonction publique.

It may be useful to mention briefly the famous “Gouzenko affair”. In September of 1945, Igor Gouzenko, an employee of the Soviet Embassy in Ottawa, went to Minister of Justice, Louis Saint-Laurent, with files documenting espionage activities of the Soviet Union. He asked for political asylum. When, following a leak, the matter was disclosed in the newspapers in February 1946, it caused a scandal. A royal commission of inquiry set up to study the question resulted in the arrest of 39 people, 18 of whom were found guilty. The most famous being Fred Rose, the member from the Montreal riding of Cartier, the only communist member ever elected to the House of Commons. This business will greatly contribute to the anguish bred by the “communist threat”. It would, however, be more exact to speak of neurosis as far as our neighbors to the South are concerned, where something called maccarthyism had been in full furor since 1950. It’s understandable that, in these conditions*, the Canadian government called for an in-depth study of the question and of the measures to be taken in the public service.

Trudeau fournit deux documents sur le sujet. Seul le premier, Communism in Canada, (« Le communisme au Canada »), qui analyse la position des divers partis politiques sur cette menace, retiendra notre attention. Pour produire son rapport de 15 pages déposé le 2 janvier 1951, il dépouille systématiquement le Hansard36 à partir de 1945, ce qui lui permet de rendre compte de l’évolution de la position du gouvernement et des partis d’opposition. Jusqu’en 1948, le gouvernement libéral au pouvoir ne semble pas s’inquiéter. Le premier ministre Mackenzie King soutient que la lutte la plus efficace contre le communisme consiste à promouvoir l’égalité des chances et la justice sociale. Mais brusquement, à la suite des attaques de l’opposition, il adopte un ton étonnamment combatif : « M. King a déclaré (Hansard, 2307) : “Il n’existe pas de menace plus grave [que le communisme].”» Louis Saint-Laurent – qui est alors ministre des Affaires extérieures – abonde dans le même sens. Toutefois, note Trudeau, malgré la rhétorique musclée, le gouvernement libéral, tout en présentant une interprétation manichéenne du monde, refuse de prendre des mesures spéciales contre le communisme, comme le réclame à grands cris l’opposition. Jusqu’en 1950, Louis Saint-Laurent, premier ministre depuis 1948, soutient que les lois en vigueur suffisent à assurer la sécurité de l’Etat. Pour lui, la meilleure façon de combattre le communisme est de veiller à ce que notre système démocratique ne profite pas à une classe ou à des groupes particuliers ».

Trudeau provides two documents on the subject. Only the first, Communism in Canada, which analyzes the position of the various political parties on this threat, will retain our attention. To produce his report of 15 pages, submitted on January 2nd, 1951, he systematically rifles Hansard36 since 1945, which allows him to give an account of the evolution of the position of the government and of the opposition parties. Up to 1948, the Liberal government in power seems undisturbed. Prime Minister Mackenzie King holds that the most effective fight against Communism consists in promoting equal opportunity and social justice. But abruptly, following opposition attacks, he adopts a surprisingly combative tone: “Mr. King declares (Hansard, 2307): ‘There exists no more serious threat [than Communism].’” Louis Saint-Laurent — who is then Minister for External Affairs — abounds in the same sense. However, notes Trudeau, in spite of the muscular rhetoric, the Liberal government , while presenting a manichean interpretation of the world, refuses to take special measures against communism, as loudly demanded by the opposition. Up to 1950, Louis Saint-Laurent, Prime Minister since 1948, holds that the laws in force are sufficient to ensure the security of the State. For him, the best way of fighting Communism is to take care that our democratic system does not benefit a particular class or particular groups”.

Les conservateurs, écrit Trudeau, fustigent ostensiblement le laxisme des libéraux. On observe, à partir de 1947, un renforcement des mesures législatives qu’ils exigent du gouvernement pour combattre le communisme. Par contre, l’attitude des deux autres partis de l’opposition, la CCF et le Crédit social, se rapproche de celle des libéraux. Ainsi, tout en proclamant son rejet du communisme, la CCF insiste sur la protection des droits de la personne, et son chef, Major37 James Coldwell, refuse de rendre illégal le Parti communiste. De son côté, le Crédit social s’oppose à la criminalisation du communisme, bien qu’il affirme l’avoir toujours combattu. Solon Low, à la tête de ce parti, estime que le gouvernement doit tout simplement poursuivre en justice ceux qui, par des actes de sédition, menacent la sécurité des Canadiens.

The Conservatives, writes Trudeau, openly reek of the sloth of the Liberals. As of 1947, one sees a reinforcement of the legislative measures they demand from the government to combat Communism. On the other hand, the attitude of the two other opposition parties, the CCF and Social Credit, approaches that of the Liberals. Thus, while proclaiming their rejection of Communism, the CCF insists on protection for individual rights, and its leader, Major37 James Coldwell, refuses to make the Communist Party illegal. As for Social Credit, they opposed criminalizing Communism, despite affirming that they have always fought against it. Solon Low, at the head of this party, thinks the government must quite simply prosecute those who, by their acts of sedition, threaten the security of Canadians.

Gordon Robertson, pleinement satisfait du rapport de son assistant, lui écrit le 6 janvier 1951 : « Votre récapitulatif des déclarations du gouvernement et de l’opposition au sujet du communisme est exactement ce qu’il me fallait ; ça me sera très utile. » Nulle part dans les notes de Trudeau détaillant la position de tous les partis sur la question du communisme au Canada on ne perçoit une sympathie quelconque pour cette idéologie. On se souvient qu’à Londres, tout en admirant son professeur Harold Laski, il lui reprochait ses perspectives marxistes. On a vu également que, lors de son périple en Asie, il se désolait des avancées du communisme, alors que le christianisme avait, selon lui, tellement plus à offrir.

Gordon Robertson, fully satisfied with his assistant’s report, writes to him on January 6th, 1951: “Your summary of statements by the government and the opposition on Communism is exactly what I needed; it will be very useful to me.” Nowhere in Trudeau’s notes detailing the position of all the parties on the question of Communism in Canada does one perceive any kind of sympathy for this ideology. Remember that in London, while admiring his professor Harold Laski, he reproached him for his Marxist viewpoints. We also saw that, during his tour in Asia, he was saddened by the advances of Communism, whereas according to him, Christianity had so much more to offer.

Mais le rejet de cette idéologie ne doit pas entraîner, selon lui, une rupture des relations avec les pays communistes. Si l’on souhait la paix dans le monde, il faut maintenir le dialogue avec ses adversaires. C’est pourquoi il n’approuve pas du tout la position de Lester B. Pearson, ministre des Affaires extérieures. Rappelons qu’en 1963 il qualifiera Pearson – devenu entre-temps chef du Parti libéral – de « défroqué de la paix ». En réalité, contrairement à ce que l’on croit généralement, la paternité de l’expression revient à Pierre Vadeboncoeur. Trudeau ne fait que le citer.38 Ce que l’on sait moins, c’est que, déjà en 1950, Trudeau n’approuve pas du tout la politique de Pearson, notamment à l’endroit de Formose et de la Corée.

But the rejection of this ideology should not involve, according to him, a rupture of relations with communist countries. If one wants peace in the world, it is necessary to maintain the dialog with one’s adversaries. This is why he does not at all approve of the position of Lester B. Pearson, Minister for External Affairs. Remember that in 1963 he will call Pearson — who has meanwhile become leader of the Liberal Party — the “defrocked priest of peace”. Actually, as opposed to what one generally believes, the paternity of that expression belongs to Pierre Vadeboncoeur. Trudeau merely quotes him.38 What is less well known is that, already in 1950, Trudeau does not at all approve of Pearson’s policy, in particular with respect to Formosa and Korea.

Malheureusement pour notre franc-tireur, en tant que fonctionnaire, il n’a pas le droit d’exprimer publiquement son opinion. Il se défoule en acheminant ses critiques à des collègues avec qui il sympathise. Le 31 avril 1950, il écrit à Jules Léger, membre du Cabinet du premier ministre : « Je viens d’entendre le discours à la Chambre de Pearson sur la Corée. Pas une seule pensée originale. Un peu d’histoire courante, beaucoup de propagande. […] L’Asie se perd. Il est temps que tu sauves au moins l’Europe. […]. Je te signale à cette fin, outre l’article du dernier Esprit  et les trois articles de Gilson dans Le Monde, que tu connais sans doute, deux textes : « Les mains propres », Maurice Duverger, Le Monde, 3 août ; « Neutrality for Europe », Beuve-Méry et Raymond Aron : NY Times Magazine.39 » Trudeau, au courant du débat « neutralisme / atlantisme » qui fait rage en France, ne se contente pas de critiquer. Il veut susciter la réflexion. C’est pourquoi il suggère à Léger deux articles écrits par des Français de grande renommée, aux points de vues opposés. Le juriste et analyste politique Duverger est en faveur de la neutralité de l’Europe, alors que le sociologue et journaliste Raymond Aron privilégie la coopération entre l’Europe et l’Amérique du Nord dans les domaines politique, militaire et économique.

Unfortunately for our straight-shooter, as a civil servant, he does not have the right to express his opinion publicly. He lets off steam by conveying his criticisms to colleagues who sympathize with him. On April 31st, [sic] 1950, he writes to Jules Léger, a member of the Prime Minister’s Cabinet: “I have just heard Pearson’s speech to the House on Korea. Not a single original thought. A little current history, much propaganda. […] Asia is lost. It is time that you save at least Europe. […]. With this in mind, I recommend, in addition to the article in the last Esprit  and the three articles of Gilson in Le Monde, which you undoubtedly know, two texts: “Clean hands” by Maurice Duverger, Le Monde, August 3rd; and “Neutrality for Europe”, Beuve-Méry and Raymond Aron: NY Times Magazine.39” Trudeau, aware of the debate over “neutralism/Atlanticism” which is raging in France, is not content to criticize. He wants to provoke thought. This is why he suggests to Léger two articles written by renowned Frenchmen of opposing views. The lawyer and political analyst, Duverger is in favor of the neutrality of Europe, whereas the sociologist and journalist Raymond Aron advocates co-operation between Europe and North America in the areas of politics, the military and economics.

Le 10 avril 1951, Pearson prononce un discours intitulé Canadian Foreign Policy in a Two-Power World. (« La politique extérieure du Canada dans un monde bipolaire »), dont Trudeau obtient copie. Après avoir rendu hommage aux États-Unis, au nom du Canada, pour leur lutte contre l’impérialisme communiste, Pearson appuie inconditionnellement leur politique en Corée. Le monde, selon lui, se trouve dans un état précaire: « […] la situation dans laquelle nous nous trouvons peut exploser à tout moment. […] Ce peut être une explosion calculée provoquée délibérément par les sinistres despotes du Kremlin, qui ont soif de pouvoir et veulent dominer le monde. Mais ce peut être aussi, et c’est plus probable, une explosion accidentelle,40. » Parlant ensuite des ressources qui devraient être affectées à la défense du Canada, il dit : « Nous devons pleinement accepter l’idée que le soldat canadien qui utilise son arme en Corée ou sur l’Elbe le fait pour défendre son pays, de la même façon que s’il l’utilisait sur le territoire canadien. »

On April 10th, 1951, Pearson delivers a speech entitled Canadian Foreign Policy in a Two-Power World, of which Trudeau obtains a copy. After paying homage to the United States, in the name of Canada, for its struggle against Communist imperialism, Pearson unconditionally supports its policy in Korea. According to him, the world is in a precarious state: “[…] the situation in which we find ourselves can explode at any moment. […] This might be a calculated explosion deliberately provoked by the sinister despots of the Kremlin, who thirst for power and wish to dominate the world. But it might also be, and this is more probable, an accidental explosion,40. ” Speaking then about the resources which ought to be assigned to the defense of Canada, he says: “We must fully accept the idea that the Canadian soldier who uses his weapon in Korea or on Elba does so to defend his country, as though he were using it on Canadian territory.”

Trudeau a du mal à contenir son indignation. Le 18 avril 1951, il écrit à deux collègues – l’un secrétaire du ministre des Affaires extérieures, et l‘autre, ami du premier — qu’il leur transmet avec grand plaisir « les commentaires suivants, que la Loi sur les secrets officiels [lui] interdit peut-être d’inclure dans son prochain ouvrage, Grammar of Dissent (ou Chronicle of a Sometime Resident of Tomb Town) [« Grammaire de la dissidence » ou « Chronique d’un resident intermittent dans la ville tombeau »41] Trudeau parodie, évidemment, la Grammar of Politics de son professeur favori, Harold Laski. Quant au « résident intermittent dans la ville tombeau » il fait allusion bien sûr, à la ville « morte » d’Ottawa, qu’il fuit autant que possible.

Trudeau can barely contain his indignation. On April 18th, 1951, he writes to two colleagues — the first being secretary to the Minister for External Affairs, and the second a friend of the first — to whom he has the great pleasure of transmitting “the following comments, which the Official Secrets Act prohibits him from including in his next article, Grammar of Dissent  (or Chronicle of a Sometime Resident of Tomb Town).”41 Trudeau is obviously parodying the Grammar of Politics of his favorite professor, Harold Laski. As for the “intermittent resident in tomb town,” of course, he is referring to the “dead” city of Ottawa, which he flees at every opportunity.

La suite de sa lettre adopte un ton plus sérieux. En accusant les dirigeants du Kremlin d’être des despotes assoiffés de pouvoir et de vouloir dominer le monde, dit Trudeau, Pearson contredit ‘les rapports sur la situation de la Russie et de la Chine soumis par deux envoyés spéciaux du gouvernement canadien’. D’une part, ‘le dernier communiqué envoyé de Moscou par Watkins (29 mars) décrivait l’Union soviéeique comme un pays las de la guerre, pacifiste et sincèrement fier de ses institutions démocratiques primitives, où le gouvernement s’emploie activement à améliorer l’économie civile et a même commencé à démobiliser une partie des troupes.’D’autre part, ‘le dernier rapport de Ronning en provenance de Nanjing (24 janvier) donnait le même son de cloche: ‘Les problèmes fondamentaux de la Chine (écrit-il) reçoivent enfin l’attention de dirigeants chinois compétents, qui s’emploient à leur trouver des solutions, pour le plus grand bien du peuple chinois.'” La position de Pearson ne peut donc se justifier d’aucune manière : “Soit M. Pearson n’est pas au courant de ces rapports, auquel cas il ne fait pas son travail. Soit il est au courant et il conteste la véracité, auquel cas il est coupable d’avoir confié des missions à deux agents du service extérieure qui ne sont que des laquais crédules des Soviétiques. À moins que, convaincu de leur véracité, il préfère continuer de répandre le mythe que les communistes cherchent à provoquer la guerre, auquel cas il trompe la population.”

The rest of his letter adopts a more serious tone. In accusing the leaders of the Kremlin of being despots thirsty for power and wishing to dominate the world, says Trudeau, Pearson contradicts “the reports on the situation of Russia and China submitted by two special envoys of the Canadian government”. On the one hand, ‘the last official statement sent from Moscow by Watkins (March 29th) described the Soviet Union as a country tired of war, pacifist and sincerely proud of its primitive democratic institutions, where the government actively works to improve the civil economy and has even begun to demobilize a part of its troops. ‘In addition, ‘the last report of Ronning from Nanjing (January 24th) gave the same story: “The fundamental problems of China (he writes) are at last receiving the attention of qualified Chinese leaders, who are busy finding solutions to them, for the greatest good of the Chinese people.” “The position of Pearson can thus in no way be justified: “Either Mr. Pearson is unaware of these reports, in which case he is not doing his job. Or he is aware and disputes their veracity, in which case he is guilty of having entrusted missions to two agents of the external service who are nothing but the credulous lackeys of the Soviets.1 Unless, convinced of their veracity, he prefers to continue to spread the myth that the Communists seek to cause war, in which case he is misleading the population.”

Qui plus est, manquant du courage, sa politique éxtérieure ne favorise pas la paix: « Les guerres nécéssitent du courage physique, mais de nos jours, il faut un courage d’une autre trempe pour défendre la vérité et la justice. Si M. Pearson avait ce courage, ne s’efforcerait-il pas d’exposer à la population des faits susceptible d’amener celle-ci à mieux comprendre et à mieux accepter l’ennemi potentiel? Ce n’est pas parce que le monde est divisé que nous devons nous faire un devoir de le diviser encore davantage.» La paix se négocie forcément avec des ennemis. Ce n’est pas en les diabolisant et en répandant des mensonges à leur sujet, comme le fait Pearson, qu’on arrivera à éviter la guerre. Au contraire. Et Trudeau pousse l’outrecuidance jusqu’ à signer: « Camarade Trudeau ».

What is more, lacking courage, his foreign policy does not favor peace: “Wars require physical courage, but nowadays, one needs courage of another stripe to defend truth and justice. If Mr. Pearson had this courage, wouldn’t he endeavor to expose to the population facts likely to bring them to better understand and to better accept the potential enemy? It is not because the world is divided that we must undertake to divide it still further.” Peace is negotiated inevitably with enemies. It is not by demonizing them and by spreading lies about them, as Pearson does, that one will manage to avoid war.2 On the contrary. And Trudeau pushes the impertinence to the point of signing: “Comrade Trudeau”.

Est-ce par sympathie pour l’Union soviétique et la Chine que Trudeau critique Pearson ? Son « Camarade Trudeau » révèle-t-il son penchant communiste ? Ce n’est pas ce qui ressort de sa lettre. Ce qu’il reproche à Pearson, c’est sa servilité envers les Etats-Unis, l’illogisme de sa position, ainsi que son refus de dialoguer avec l’ennemi, afin d’éviter la guerre. En matière de relations internationales, Trudeau soutiendra toute sa vie que la paix se négocie forcément avec des adversaires, voire des ennemis. Pour éviter la guerre, au lieu de refuser de leur parler, il faut, au contraire, essayer de maintenir le dialogue.

Is it out of sympathy for the Soviet Union and China that Trudeau criticizes Pearson? Does his “Comrade Trudeau” reveal his Communist penchant? That is not what emerges from this letter. He reproaches Pearson for his servility towards the United States, the inconsistancy of his position, and his refusal to dialog with the enemy in order to avoid war. As to international relations, Trudeau all his life will hold that peace is inevitably negotiated with adversaries, even enemies. To avoid war, instead of refusing to speak to them, it is necessary, on the contrary, to try to maintain the dialog.

1 See my introductory post for a discussion of this, with sources.
 
2 As if one could “demonize” the Red butchers! You can hardly tell where Trudeau leaves off and the Nemnis, apparently his “spiritual” fellow travellers take up the chant of the Red Tempter.
 

– 30 –

 

PERMISSION:
Nota bene: This French transcript and the exclusive English translation are by Kathleen Moore for the legal research purposes of Habeas Corpus Canada, The Official Legal Challenge to North American Union. Document date: 24 July 2015. Permission is given to use this document, with credit to its origin. If you find this document useful or interesting, please support The Official Legal Challenge To North American Union: PayPal: habeas.corpus.canada@live.com

 

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