Extract from Le 11 septembre et nous by André Duchesne (Boréal)

Le 11 septembre et nous (September the 11th and us) by André Duchesne

Le 11 septembre et nous
(September the 11th and us)
by André Duchesne

 

French original

Exclusive English Translation by Kathleen Moore for the legal research purposes of Habeas Corpus Canada

1.

André Duchesne

André Duchesne

2.

Le 11 septembre et nous

September the 11th and us

3.

Boréal

Boréal

 

[Frontispiece:]

[Frontispiece:]

4.


For the first time since 1812, Americans will lose their lives in large number[s] on American soil by ter­rorists using weapons of mass destruction […] We will be spied on, our privacy will be gone; that will have a huge impact on our society.

[Verbatim]

For the first time since 18I2, Americans will lose their lives in large number[s] on American soil by ter­rorists using weapons of mass destruction […] We will be spied on, our privacy will be gone; that will have a huge impact on our society.

5.

— Gary Hart, ancien sénateur
d
émocrate du Colorado, au cours d’une conférence,

le 4 septembre 2001

à Montréal.

— Gary Hart, former Democratic Senator from Colorado, during a conference

in Montreal

on September the 4th, 2001.

6.

Chapitre 11

Chapter 11

7.

L’Orage (15 h -18 h)

The Storm (15:00 – 18:00)

8.

Montréal, siège social d’Hydro Québec, boulevard René-Lévesque, 15 h 30

Montreal, head office of Hydro-Quebec, René Lévesque Boulevard, 15:30

9.

À 15 h 30, les médias, convoqués un peu plus tôt dans la journée, se rassemblent dans la mezzanine du siège social d’Hydro-Québec, boulevard René-Lévesque. Le premier mi­nistre, Bernard Landry et ses adjoints les y attendent. Après avoir passé une bonne partie de la journée au téléphone, après avoir été rassuré sur le sort des Québécois coincés à New York, M. Landry estime que le temps est venu de s’adresser à la popu­lation. « C’était à la lois sérieux, triste et un peu tendu, se remé­more l’ancien premier ministre. L’atmosphère
était au recueillement. »

At 15:30, the media, which had been convened somewhat earlier in the day, gather in the mezzanine at the head office of Hydro-Quebec on René Lévesque Boulevard. Premier Bernard Landry and his aides are waiting there for them. After having spent a good part of the day on the phone, after having been reassured as to the welfare of Quebecers trapped in New York, Mr. Landry felt the time had come to address the public. “It was at once serious, sad, and bit tense,” recalls the former Premier. “The atmosphere was somber.”

10.

Ses premiers mois témoignent d’un mélange de compassion, de tristesse et de dénonciation ; « Nous avons été témoins en direct d’une tragédie qui a plongé aujourd’hui l’Amérique dans le deuil et l’ensemble de ses amis dans une

His opening words evinced a mixture of com­passion, sadness and accusation: “We have been eyewitnesses to a tragedy which today has plunged America into

 

 

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11.

Immense tristesse et une profonde consternation. Les mots peuvent difficilement traduire l’émotion ressentie devant une telle tragédie, une telle barbarie », dit-il en guise d’introduction avant d’offrir ses condoléances au peuple américain et aux familles des victimes.

mourning and all their friends into immense sadness and profound consternation. Words can hardly convey the emotions felt in the face of such a tragedy, such barbarity,” he said by way of introduction, before offering his condolences to the American people and to the families of the victims.

12.

Puis, quittant le texte de son discours, il ajoute que ces actes sont « au fond pires que la guerre parce que les hommes et les femmes visés sont d’innocentes victimes qui allaient faire leur travail quotidien. »

Then, leaving aside the text of his speech, he added that these acts are “at their basis, worse than war, because the men and women targeted are innocent victims who were on their way to their daily work.”

13.

Sur la base des informations glanées depuis New York, auprès du ministère des Relations internationales et à d’autres canaux, Landry se fait rassurant sur le sort des Québécois : « Je suis en mesure de confirmer que les quarante employés de la Délégation générale sont en sécurité, de même que les quarante employés représentant la mission Québec-New York 2001 et les deux gardes du corps qui étaient sur place. Les représen­tants du milieu des affaires qui devaient participer à l’inaugura­tion de la mission Québec New York 2001 sont tous aussi en sécurité. » Même constat pour le personnel des entreprises devant participer à l’événement,dit-il.

On the basis of information gleaned from New York, from the Minister of International Relations and through other channels, Landry was reassuring in regard to the welfare of the Quebecers: “I am in a position to confirm that the forty-one employees of the General Delegation are safe, as are the forty employees representing the Quebec-New York 2001 mission, and the two body guards who were on the scene. Representatives from the business milieu who were to have participated in the launch of Quebec-New York 2001 are all also safe.” The same was said of personnel who were intended to have participated in the event, he said.

14.

Diane Wilhelmy, qui a donné cette assurance au premier ministre Landry avant sa conférence de presse, affirme que ses indications étaient assez solides pour faire ce constat. Si on n’avait pas encore rapatrié «physiquement » tout le monde, on tenait pour acquis, en questionnant tous et chacun, en notant qu’une personne en avait vu une autre fuir les lieux, que tout le monde était sain et sauf. «Lorsque j’ai parlé à M. Landry, si j’avais pensé qu’il y avait une personne que je croyais pouvoir être disparue, je le lui aurais dit, affirme Diane Wilhelmy. Les informations que j’avais, même si je n’avais pas tout le monde physiquement, c’était ça. »

Diane Wilhelmy, who had
conveyed these assurances to Premier Landry before the press conference, affirmed that according to all indications, her information was sufficiently solid to make  this report official. If we had not yet “physically” brought everyone home, we took for granted, in questioning each and every one, in noting that someone had seen someone else fleeing the premises, that everyone was safe and sound. “When I spoke to Mr. Landry, if I had thought that even one person was missing, I would have told him,” affirmed Diane Wilhelmy. That was the information I had, even if I did not have everyone, physically.”

15.

Jean Clavet dit la même chose. « Même si, dans un délai

Jean Clavet said the same thing. “Even if, in a relatively

 

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16.

relativement court, nous avons pu trouver la trace de tous les Québécois et de tous les employés de la délégation que nous savions être sur le site des tours, en après-midi, nous étions incapables de tous les localiser avec précision », dit-il.

short delay, we have been able to find a trace of all the Quebecers and of all the employees of the delegation that we knew to be on-site in the Towers, by afternoon, we were unable to locate all with precision,” he said.

17.

C’est le cas par exemple de Martine Primeau, qui s’est retrouvée malgré elle au New Jersey.

This is the case, for example, with Martine Primeau, who, spite of herself, found herself in New Jersey.

18.

Selon M. Clavet, des Américains lui ayant porté secours ont appelé la délégation pour dire que Mme Primeau était saine et sauve, dans un abri sur la rive opposée de l’île de Manhattan.

According to Mr. Clavet, the Americans who were helping him had called the delegation to say that Mrs. Primeau was safe and sound, in a shelter on the riverbank opposite the island of Manhattan.

19.

Dans sa déclaration aux médias, Bernard Landry annonce aussi l’annulation de Québec New York 2001. « Cet événement était centré sur la joie de vivre. Et les New-Yorkais ne sont pas dans cette atmosphère », dit-il.

In his declaration to the media, Bernard Landry announced the cancellation of Quebec-New York 2001. “This event was the focus of joie de vivre. New Yorkers were no longer in that state of mind,” he said.

20.

Finalement, le premier ministre évoque la conversation qu’il a eue quelques jours plus tôt avec l’ancien sénateur démocrate du Colorado, Gary Hart, lorsque ce dernier était de passage à Montréal pour y donner une conférence. « Il a dit devant moi, en public, que la principale menace qui planait sur les États-Unis et qui coûterait la vie peut-être à des milliers de citoyens, c’était le terrorisme international. On aurait pu prendre cela avec un
certain scepticisme, mais je crois que Gary Hart était informé, ou inspiré, lorsqu’il a prédit, il y a exactement une semaine, ce qui arrive.»

Finally, the Premier recalled the conversation he had had a few days earlier with former democratic senator from Colorado, Gary Hart, when the latter was in Montreal to deliver a conference. “He said, in front of me, in public, that the primary threat hanging over the United States and which would cost the lives of perhaps thousands of citizens, was international terrorism. One could have taken this with a certain skepticism, but I think that Gary Hart was informed, or inspired, when he predicted, exactly one week earlier, what has just happened.”

21.

Hart était en fait dans la métropole le 4 septembre pour participer à un déjeuner-causerie organisé par la section locale de Coudert Brothers, un cabinet d’avocats américain ayant des antennes partout dans le monde et où l’ancien sénateur agissait comme conseiller principal.

Hart was in fact in the city on September 4th to take part in a breakfast discussion organized by the local section of Coudert Brothers, a firm of American lawyers with antennas everywhere in the world, and where the former Senator acted as senior counsel.

22.

Dans son allocution prononcé devant des spécialistes de l’aviation, Hart avait déclaré que les probabilités étaient fortes que les États-Unis soient, dans les vingt-cinq prochaines

In his speech delivered before aviation specialists, Hart had declared that the probabilities were high that the United States, in the next twenty-five

 

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23.

années (!), la cible d’une attaque terroriste majeure pouvant faire des milliers de morts1.

Years (!) would be the target of a major terrorist attack capable of causing thousands of deaths1.

24.

Cette affirmation s’appuyait sur ce que l’ancien sénateur démocrate avait entendu de la bouche de plusieurs experts lors­qu’il avait présidé une commission américaine sur la sécunté nationale. Dans son allocution, il avait ajouté que, en réponse à de telles attaques, les gouvernements resserreraient toutes les règles de sécurité, avec les conséquences que l’on imagine sur la société.

This affirmation was based on what the former democratic Senator had heard from the mouths of a number of experts when he chaired an American commission on national security. In his speech, he had added that, in response to such attacks, governments would tighten security rules, with consequences upon society that one could imagine.

25.

En novembre 2005, au cours d’une entrevue avec l’auteur Bernard Landry s’est rappelé avoir téléphoné à Gary Hart dans les jours ayant suivi les attaques. «Je lui ai dit: ‘Monsieur, vous êtes un prophète’ », raconte-t-il, visiblement encore étonné par la justesse de la prédiction de l’ancien sénateur.

In November 2005, during an interview with the author [André Duchesne], Bernard Landry recalled having telephoned Gary Hart in the days following the attacks. “I said to him: ‘Sir, you are a prophet’”, he recounted, visibly stunned again by the accuracy of the former Senator’s prediction.

26.

New York, hôtel Elysée

New York, Elysée Hotel

27.

En fin d’après-midi, Bernard Lord et les membres de la délégation du Nouveau-Brunswick décident d’aller donner du sang. « À ce moment-là, il y avait des appels aux dons à la radio, dit Lord. Il y avait encore de l’espoir de retrouver des survivants. Nous avons repéré un centre de donneurs. »

By afternoon’s end, Bernard Lord and the members of the New Brunswick delegation decide to go and donate blood. “At that moment, there were appeals for donors over the radio,” said Lord. “There was still hope of finding survivors. We located a donation center.”

28.

« Ce n’était pas loin de l’hôtel, à trois ou quatre rues. Nous y sommes allés à pied », se remémore pour sa part Bob Scott. Une fois sur place, toutefois, c’est la cohue. Tout le monde s’est rué dans les centres de dons. Les bénévoles et le personnel médi-

“It wasn’t far from the hotel, three or four streets. We went on foot,” said Bob Scott, thinking back. Once on site, however, it was chaos. Everyone was rushing to the donation centers. Volunteers and medical personnel

29.

_______

1. Allocution rapporté par le journaliste Hubert Bauch dans The Gazette du 5 septembre 2001.

_______

1. Speech reported by journalist Hubert Bauch in The Gazette of 5 September 2001.

 

280

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30.

cal ne suffisent pas à la tâche. Il y a tellement de gens que la petite délégation néo-brunswickoise décide de rebrousser chemin.

were insufficient to the task. There were so many people that the little New-Brunswick delegation decided to go back the way they had come.

31.

D’ailleurs, selon le souvenir de Bernard Lord, les donateurs sont si nombreux que les autorités annoncent bientôt qu’elles n’accepteront que les gens possédant une carte de donneur de l’État de New York.

Besides, as Bernard Lord remembers it, the donors were so numerous that the authorities announced they would soon accept only those in possession of a New York State donor’s card.

32.

Bernard Lord regrette de ne pas avoir pu donner du sang, mais il garde un souvenir ému de cet épisode. « C’était quand même un moment heureux, dans cette journée extrêmement tragique et horrible, de voir l’esprit humain et le désir d’entraide faire surface. »

Bernard Lord regrets not having been able to give blood, but he retains an emotional memory of the episode. “It was nonethe­less happy, on this extremely horrible and tragic day, to see the human spirit rise up in the desire to help one another.”

33.

Ottawa / Montréal / Toronto

Ottawa / Montreal / Toronto

34.

Selon les souvenirs de Giuliano Zaccardelli,commissaire de la GRC, la journée du 11 septembre 2001 s’est passée à sauter d’une réunion à une autre, à faire la navette entre son bureau du quartier général et des ministères-clés, notamment le Bureau du Conseil privé à Ottawa.

According to the recollections of Giuliano Zaccardelli, RCMP commissioner, the day of
September 11th, 2001 was spent jumping from one meeting to another, taking the shuttle bus between his headquarters and key Ministries, notably the Privy Council Office in Ottawa.

35.

Au cours de l’après-midi, toutefois, M. Zaccardelli garde un peu de temps pour organiser et présider, depuis son bureau, une conférence téléphonique avec tous ses homologues des plus importants corps policiers du pays, tant ceux qui agissent dans les provinces, comme la Sûreté du Québec (SQ) et l’Ontario Provincial Police, que dans les grandes villes, comme Montréal, Ottawa, Toronto, Vancouver, etc. « Mon but était d’expliquer à tous la situation, se souvient il. L’élément-clé de cette conférence était de repenser les façons de faire pour protéger le pays, en raison de ce qui venait de se passer, et d’assurer les citoyens que nous étions en mesure de répondre à la situation.

In the course of the afternoon, however, Mr. Zaccardelli took a bit of time to organize and chair a telephone conference from his office with his counterparts in the nation’s major police forces, both those acting in the provinces, such as the Sûreté du Québec (SQ) and the Ontario Provincial Police, as in the major cities, like Montreal, Ottawa, Toronto, Vancouver, etc. “My objective was to explain the whole situation,” he recalls. The key element of this conference was to review ways to protect the country in view of what had just occurred, and to assure the citizens that we were able to respond to the situation.”

36.

Au Québec, le directeur-général de la S Q, Florent Gagné,

In Quebec, the Director-General of the S.Q., Florent Gagné,

37.

281

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END OF EXTRACT

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PERMISSION:
Nota bene: This French transcript and the exclusive English translation are by Kathleen Moore for the legal research purposes of Habeas Corpus Canada, The Official Legal Challenge to North American Union. Document date: 3 March 2015. Permission is given to use this document, with credit to its origin. If you find this document useful or interesting, please support The Official Legal Challenge To North American Union: PayPal: habeas.corpus.canada@live.com

 

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